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Augmentations à l'ancienneté: le privé aimerait s'en affranchir

Augmentations à l'ancienneté: le privé aimerait s'en affranchir

L'augmentation des salaires selon l'ancienneté est un dispositif typiquement belge. Dans son accord sur l'emploi, le gouvernement (en affaires courantes depuis lors) annonçait qu'il a l'intention de démanteler progressivement le système de l'ancienneté. Les entreprises sont nombreuses à le souhaiter. Un sondage organisé par Acerta auprès de 549 employeurs révèle que 57,6% sont parfaitement d'accord avec cette proposition.

Mais ce résultat cache une grande disparité entre le secteur privé et les autres (services publics et secteur associatif). Dans le privé, 71% des entreprises sont en faveur d'une suppression complète contre 17% dans les autres. Actuellement, 66% des employeurs offrent une augmentation annuelle liée à l'ancienneté à leurs employés. Ils sont 50% à le proposer à leurs ouvriers.

Problème: ancienneté et productivité ne vont pas nécessairement de pair. De nombreux employeurs estiment que le système ne motive pas les travailleurs. De leur côté, les opposants de sa suppression pensent que des salariés fidèles méritent une récompense. Mais ils craignent surtout qu'une abrogation totale débouche sur des demandes d'augmentation plus personnelles et se traduise par des écarts de rémunération entre les employés qui occupent une même fonction.

Globalement, 42,4% des employeurs ne souhaitent pas que ce dispositif à la belge soit purement et simplement annulé. Environ 90% des adeptes d'une suppression complète estiment qu'il serait préférable de ne l'appliquer qu'à partir du moment où le salarié maîtriserait parfaitement sa fonction. On peut dès lors se poser une question: combien de temps dure cette phase d'apprentissage? Pour que l'entreprise reste compétitive et pour maintenir la motivation des salariés, n'est-il pas important de faire évoluer les fonctions? Et donc, d'encourager les travailleurs à réapprendre à exercer leur job? Ce qui leur donnerait droit à une nouvelle prime à l'ancienneté…

Une différence qui va jusqu'à 76%

Pour conclure, Acerta a comparé les salaires bruts à temps plein des employés de 25 ans avec ceux des employés de 55 ans. Ces derniers touchent en moyenne 76% de plus dans le secteur marchand et 48% de plus dans le non-marchand. En d’autres termes, pour chaque tranche de 100 euros que le jeune de 25 ans touche, l’employé de 55 ans perçoit 176 euros ou 148 euros. Une différence qui peut être justifiée par l’expérience et le niveau de responsabilités. Et parfois simplement par l’ancienneté.